Alejandro Galan ne cache pas ses origines modestes qui mettent encore plus de crédit au parcours exemplaire de l’Espagnol.
L’Argentine a longtemps joué les rôles principaux avec comme guest star le roi Bela. De 2002 à 2017, Fernando Belasteguin a monopolisé la première place mondiale avec deux partenaires différents (Juan-Martin Diaz et Pablo Lima). De son propre aveu, il n’avait pas la plus belle volée ou la meilleure bandeja, mais il avait une lecture du jeu plus rapide. Il a longtemps incarné cette supériorité argentine.
L’Espagne a résorbé son retard. Mieux, elle a placé un de ses ambassadeurs sur le trône : Alejandro Galan. Ce natif de Madrid n’était pas formaté à jouer ce rôle du roi du padel. Avec sa sœur Alaba, le Madrilène ‘Ale’ a eu la chance d’apprendre avec une star qui donnait des cours pas trop loin de son quartier. Il n’avait que 7 ans quand il a martyrisé ses premières balles. Le padel était déjà une
histoire de famille. «Dans ma famille, nous sommes très proches», confie l’actuel numéro un mondial. «Nous nous voyons souvent. Nous partageons beaucoup de moments ensemble. Mes parents m’ont inculqué les valeurs de base.»
Je n’ai pas honte de mes origines
Très vite, il a compris que rien n’arrivait sans effort. Il a consenti à tous les sacrifices sans compter ses heures de travail pour percer dans ce milieu. Il ne nie pas ses origines modestes. Il revendique même la fierté qu’il ressent en voyant ses parents travailler. Son papa bosse dans l’hôtellerie alors que sa maman est femme de ménage. «Je n’ai pas honte de tout cela. Notre famille n’est pas partie en vacances afin que nous puissions disputer des tournois. Avec ma sœur, nous ne pourrons jamais leur rendre tout ce qu’ils nous ont donné.»
L’argent ne coulait pas à flots, mais ses parents ont toujours tout sacrifié pour la réussite de leurs enfants. Les cours représentaient une somme conséquente tous les mois. La roue a fini par tourner. Les heures de travail ont payé. Alejandro Galan a gravi un à un les échelons vers le sommet mondial. Sa sœur aussi.
Le padel ne brasse pas encore les sommes d’argent du tennis. Néanmoins, Alejandro Galan a atteint un cercle VIP où il est possible de vivre à 100 % du padel. «En réalité, vivre du padel dépend de votre position dans le classement. Les meilleurs mondiaux peuvent en vivre. Je ne vis que de mon sport. Je m’y consacre à cent pour cent.»
Une source d’inspiration pour les gamins
Il suffit d’un match ou d’un tournoi pour que la vie des sportifs bascule. Galan n’oublie pas ses premiers pas. A 25 ans, ce Castillan a déjà accompli de grands exploits. Sa progression a été fulgurante. Il y a 4 ans, il n’évoluait pas dans la cour des grands. «C’était un rêve pour moi de les rejoindre un jour.»
Depuis 2016, son jeu n’a jamais cessé de prendre du volume. Il a démarré avec Juan Cruz Belluati avec qui il a obtenu des résultats prometteurs. Avec Matias Diaz, il a placé la barre de ses performances encore plus haut. A l’Open de Valladolid, il a franchi un cap supplémentaire en raflant son premier titre sur le World Padel Tour. Ils ont remis le couvert à l’Open de Lugo. Nouvelle saison, nouveau partenaire. Avec Juani Mieres, il a remporté le Master d’Argentine. A la mi-saison, il a choisi de jouer au côté de Pablo Lima. La place de n°1 mondial était la récompense de sa régularité. Il a attendu 2019 pour prendre une autre dimension en remportant le Final Master en fin de saison.
«Je suis dans le meilleur moment de ma carrière», confiait-il au crépuscule de sa saison 2020. «C’est l’année où j’ai gagné le plus de tournois. Je me suis ôté une pression en remportant le Final
Master.» Les six tournois remportés en 2020 confirment qu’Alejandro Galan mérite sa première place mondiale. Un véritable champion sur le court avec un parcours qui pourrait inspirer plus d’un gamin d’Espagne ou d’ailleurs.
